« Parce que c’est ici que j’ai grandi. Cette auberge, plantée au cœur des Monts de Flandres, c’est chez moi. Mes parents l’ont ouverte l’année de ma naissance. Au début, c’était une crêperie, puis un estaminet. Moi, j’ai d’abord dit : je veux travailler au Vert Mont, avant de vouloir être cuisinier. Pendant ma scolarité, à l’école, j’imaginais toute la journée ce qu’il s’y passait sans moi. Et j’ai passé mon bac en candidat libre pour y être plus encore.

florent-ladeynLa cuisine est arrivée après ma rentrée dans une école d’art. Je me suis retrouvé très loin des réalités, de l’énergie de la cuisine du Vert Mont, où je sympathisais avec les apprentis. Me retrouver enfermé entre quatre murs, ça m’a gonflé. J’avais besoin de taper dedans. Alors quand je me suis décidé pour la cuisine et que mon père m’a envoyé passer un bac pro à Dunkerque, j’ai fait la gueule… La cuisine, je vois ça comme la musique : entouré de copains et avec une grande part d’impro.

Je ne me suis jamais posé la question de partir ailleurs. Il y a vraiment une âme ci. Le Vert Mont, je le vois fini. Mais il y a encore du boulot. C’est une vieille maison, pleine d’habitudes. Je l’imagine plus épuré. Je voudrais construire des cabanes dans le jardin. Mais c’est très lourd aussi. Les bâtiments, l’héritage… Et si mon cœur est ici, je risque d’être rattrapé par la réalité économique. Mon père, toujours propriétaire, me déconseille de racheter les murs. C’est un investissement à multiple zéros… Je ne suis pas certain de pouvoir garder ma maison. Mais je n’imagine pas perdre ce qui m’a nourri. Et je doute de pouvoir faire la même cuisine ailleurs. »


L’Auberge du Vert Mont

Boeschèpe (59)

03 28 49 41 26

www.vertmont.fr



Propos recueillis par Marie-Laure Fréchet

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